512x342

512x342
Le digital-pointillisme ?

Tout à commencé le jour où j'ai trouvé un Macintosh des années 80, en état de marche, sur un trottoir à coté des poubelles. Alors j'ai compris que cette machine exceptionnelle qui coutait le prix d'une petite voiture n'avait plus aucune valeur, le mythe informatique n'a pas duré...

Quelques jours plus tard j'achetais une antique carte réseau sur ebay. Raccorder cette machine à mon réseau domestique rendit possible son utilisation à l'intérieur de mon système d'échange de fichiers. Il me vint l'idée de transférer des photos prises avec mon appareil numérique sur cette machine et d'expérimenter leur traitement avec des logiciels de l'époque. Je fus surpris par le décalage et la nouveauté des images.

Nouveauté et obsolescence

Toute invention, toute nouveauté annonce en elle l'invention suivante. Avec l'accélération du processus technique il arrive souvent qu'un objet technique soit rendu obsolète au moment même de sa mise en circulation par un nouveau modèle déjà en production.

Avec cette prise de conscience, c'est dans une approche critique du temps (et de l'actualité) des nouvelles technologies que s'est engagée mon expérience.

512 pixels par 342 pixels

Le titre « 512 x 342 » c'est à dire 512 pixels par 342 pixels tire son origine, comme d'un écho, après une vingtaine d'année passées devant les écrans d'ordinateurs, de la découverte pour la première fois de cette forme subtile de représentation sur fond cathodique des images virtuelles.

Mon premier ordinateur, c'est à dire la première machine à laquelle j'accédais librement et sans limite fut un Macintosh monobloc équipé d'un écran de 9 pouces noir et blanc d'une résolution de 512 pixels par 342 pixels.

Ce fut la première expérience et par conséquent la première empreinte laissée par une machine sur mon imaginaire digital. Qu'est ce qui explique que plus de 20 ans plus tard il m'est nécessaire de revenir sur cette expérience du passé ?

Dans les années 80 les images digitalisées étaient rares, il fallait un équipement très onéreux pour numériser une photographie et les ordinateurs affichaient péniblement autre chose que du texte sur 80 colonnes. Pour l'amateur ayant la chance de posséder un ordinateur personnel il fallait faire scanner les photos argentiques par des professionnels et du coup peu d'images d'artistes voyaient le jour.

De toute façon Adobe sortait tout juste la première version de Photoshop et les petits Macintosh affichant une résolution de 512 pixels par 342 pixels étaient ce qu'il y avait de mieux sur le marché des machine personnelles.

Pourtant déjà les pixels étaient suffisamment réduits pour qu'une grande fluidité dans les images puisse s'imposer et nous préparer à l'avènement d'une ère de la photo numérique. C'était la protohistoire de l'image numérique dont les images et l'histoire restent à produire...

Il s'agit à 20 ans de distance de produire "une première" c'est à dire pour moi de travailler des images numérique sur un de ces Macintosh des années 80 avec les logiciels de l'époque.

Par là se développe une distance critique et féconde par rapport à l'abondance des technologies de simulations, car il s'agit non pas de dissumuler le grain (pixel) mais au contraire de l'assumer et de lui trouver une place dans le vocabulaire plastique. Faire chanter les pixels.